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L'IMMENSE
SOLITUDE,
avec Friedrich Nietzsche
et Cesare Pavese,
orphelins sous le ciel de Turin
aux Presses Universitaires
de France,
dans la collection perspectives critiques,
dirigée par Roland Jaccard,
332 pages, CHF 52.-
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A
première vue, Friedrich Nietzche et Cesare Pavese n'ont rien en commun.
Et pourtant! Tous deux sont orphelins de père. Tous deux ont grandi dans
un entourage exclusivement féminin. Tous deux n'ont jamais su se faire
aimer d'une femme. Tous deux sont également poètes. Tous deux ont
eu une vie brève, solitaire et émouvante. Et tous deux ont amplement
écrit sur Turin, sur son atmosphère si parfaitement "psychologique". De
cette ville, qui fut un temps la capitale de l'Italie, Nietzsche n'en a dit que
l'abord exaltant, aristocratique et baroque, tandis que Pavese en a recraché
toute la tristesse, avec ses vastes quartiers industriels, ses usines qui noircissent
le ciel, ses ouvriers exténués. C'est à Turin que Nietzsche
perd définitivement la raison. Il a quarante-quatre ans. Et c'est à
Turin que Pavese se suicide dans une chambre d'hôtel. Il a quarante-deux
ans. Le philosophe allemand meurt le 25 août 1900. L'écrivain piémontais
meurt le 26 août 1950 - un demi-siècle plus tard, à un jour
près. En cherchant des rapprochements entre ces deux artistes exceptionnels,
l'auteur pénètre dans leur drame intime, dans les blessures inguérissables
de leur enfance; et l'on revit les derniers instants tragiques qui les conduisirent
à la folie et et à la mort. Ce livre, s'il est empreint de gravité,
est avant tout une rêverie faite de détours et de coïncidences.
Les murs de Turin y transpirent. Ils parlent. Et il fallait bien près de
trois cent dessins pour faire entendre ces voix
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