Philippe Fretz a choisi une pratique artistique figurative qui se réfère à l’histoire de l’art. Il emprunte à la tradition un thème, une technique, un vocabulaire formel, une manière. Pourtant ce retour à la figure et aux modèles ne saurait être confondu avec une attitude dogmatique qui prônerait un quelconque retour à un « âge d’or » de la peinture, bien au contraire. Sa démarche n’est pas uniquement référentielle, elle s’apparente à une réflexion sur le sujet même de la Peinture. Il se réapproprie les acquis du passé pour mieux les transgresser, comme si le questionnement du pourquoi et du comment peindre devait sans cesse être relancé. Parcourir le corpus des œuvres de Philippe Fretz, c’est revisiter plusieurs siècles de peinture occidentale. Certaines pièces se rattachent à la Renaissance italienne. C’est le cas de l’œuvre intitulée « Notre Père » : le traitement quasi théâtral et architectonique de l’espace et la mise en scène des personnages rappellent les compositions de Piero della Francesca. D’autres tableaux, tel le portait de « Marielle » évoquent, par le sujet comme la palette, l’atmosphère si particulière immobile, la lumière surnaturelle, les contrastes chromatiques et la position du corps suggèrent un état de grâce, comme le temps suspendu d’une scène à « l’inquétante étangeté ».

 

Catherine Othnin-Girard, catalogue BCV-ART